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page est consa-.... Nico, le websmaster.N
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Voici
près d'une semaine que la "Belle-Rose",
un navire mar-chand, cinglait vers le Nouveau-Monde. Et à son bord
se trouvaient
Nicolas et Louba.
Comme le lui avait conseillé son ami Antoine ; il valait mieux pour
notre héros de mettre un maximun de distance entre lui et le gou-verneur
de Saint-Malo.
Bavard et fanfaron, le Libournais ne tardait pas à sympathiser avec
l'équipage du navire. Aussi, afin de se mettre en valeur, donnait-il
sur le pont avant une leçon d'escrime à Nicolas. En oubliant
volon-tairement que son protégé n'avait nullement besoin de
recevoir aucune leçon de qui que ce soit.
Mais un mousse vint interrompre les deux bretteurs ; le capitaine Quénois,
seul maître à bord, désirait que Nicolas se rende dans
sa
cabine pour une entrevue. Méfiant, louba conseilla à son ami
de rester sur ses gardes.
Lorsque
Nicolas pénétra dans la cabine du capitaine, il remarqua que
celui-ci ne se trouvait pas seul ; à ses côtés se tenaient
un homme d'allure digne et une ravissante jeune fille.
Le capitaine présenta ses invités ; Monsieur Cailleret et sa
fille Sylvie.
Nicolas tenta de comprendre pourquoi les deux passagers avaient attendus près
d'une semaine pour se présenter à lui. Mais la jeune fille ne
lui en laissa pas le loisir car prestement, elle l'entraîna hors de
la cabine afin de faire une visite du navire.
Ils croisèrent Louba sur le pont. Nicolas lui présenta Sylvie.

Le Libournais ne parvenait à dissimuler son inquiétude face
au grand intérêt que semblait porter Nicolas à la jeune
fille. Car son jeune ami ne pouvait oublier si vite qu'il était un
fugitif.
Et alors que les deux jeunes gens s'éloignaient tout en bavardant gaiement,
Louba se glissa dans l'escalier qui menait aux cabines des deux mystérieux
passagers.
Après une furtive inspection de la coursive, il poussa la porte de
la cabine de M. Cailleret et pénétra sans vergogne à
l'intérieur. Il se dirigea de suite en direction d'un grand coffre
et souleva le lourd couvercle. D'un simple regard, il devina parmi les affaires
person-nels de M. Cailleret une cassette ciselée et chargée
de ferrures de sûreté.
Le marin sortit son coutelas et, d'un coup sec, fit céder les serrures.
A l'intérieur, il découvrit plusieurs lettres cachetées
dont l'une était adressée à M. Loïc Le Quellec,
gouverneur de la Martinique. Sans hésiter, Louba fit sauter le cachet
de cire et se mit à la lire. Son contenu le bouleversa. Sans perdre
plus de temps, il dissimula la lettre sous sa chemise et quitta précipitament
la pièce...
n n n
Le
Libournais retrouva Nicolas dans leur cabine. Celui-ci ne cessait de lui parler
de Sylvie. Visiblement la jeune fille lui avait tourné la tête.
Et par amour, le jeune homme n'avait pu résister à lui révéler
son lourd secret. Louba tenta de le raisonner. Mais il ne voulait rien entendre.
Alors, il lui tendit la lettre.
Nicolas en parcourut rapidemment le texte :
Cher cousin,
J'ai la douleur de vous informer que mon fils Alain a été lâche-ment assassiné et que son meurtrier ce trouve à bord de la "Belle-Rose". Cet homme s'appelle Nicolas de Coursic. Condamné à mort, le roi l'a gracié la veille de son exécution.
Le
jeune homme était éberlué. Ainsi Cailleret était
un messager du gouverneur de Saint-Malo. Et tout semblait aux yeux de Nicolas
clair comme de l'eau de roche.
Son évasion s'était réroulé un peu trop facilement,
sans aucun coup de feu. De plus, aucune question ne leur avait été
posé lors de leur embarquement.
Le gouverneur Le Quellec ayant reçu la lettre de grâce du roi,
il était obligé de libérer l'assassin de son fils, à
contre-cœur. Et alors sa vengeance lui échappait. Aussi l'évasion
de Nicolas était-elle la bienvenue. En laissant le fugitif prendre
le navire pour les Améri-ques, il était certain de livrer de
Coursic à son cousin dès son arrivée. Et là, on
se serait discrétement occupé de son cas.
Pourtant une seule chose turlupinait notre héros ; Sylvie, était-elle
au courant?.
Mais ne dit-on pas que l'amour rends aveugle?
Malgré l'avertissement de Louba, Nicolas préférait penser
que la jeune fille ignorait la réelle mission de son père et
qu'elle n'était en rien impliquée dans le complot. Et sans écouter
plus longtemps le Libournais, il se précipita pour la rejoindre.
n n n
Louba
décida de se rendre dans la cabine de Cailleret afin d'obtenir plus
d'informations concernant sa mission.
Il trouva celui-ci rageant et pestant contre l'individu coupable de la fracturation
de sa cassette. Louba se délecta de ce spectacle puis jugeant que le
moment était venu d'intervenir, il poussa la porte entrouverte. Puis
il retira la lettre de sous sa chemise et l'exiba au nez et à la barbe
du messager du gouverneur. Pâle de rage, celui-ci voulut la récupérer
en le menaçant de le dénoncer au capitaine. Comme le Libournais
ne semblait guère intimidé, il tenta alors de le corrompre.
Mais l'amitié que témoignait Louba à Nicolas était
plus importante à ses yeux qu'une bourse pleine de pièces d'or.
Alors, par traitrise, Cailleret se saisit d'un pistolet dissimulé sous
ses affaires et le pointa vers la direction du marin qui se révéla
toutefois plus prompt pour le désarmer.
Puis avant de quitter la cabine, Louba avertit Cailleret qu'il serait impitoyable
envers sa personne s'il devait arriver un quelconque malheur à son
compagnon durant la traversée.
Parvenu sur le pont avant, Louba entendit le cri de la vigie ; un navire était
en vue.
Sans voile, ni pavillon, il semblait dériver. Le capitaine Quénoix
ordonna à son premier officier de mettre une barque à la mer
afin d'aborder le navire.
Une fois montés à bord, les marins de la "Belle-Rose" découvrirent
sur le pont une dizaine d'hommes étendus, et pour la plupart inanimés.
Un mal étrange semblait avoir frappé tout l'équipage
de "la Sanguinaire", c'était le nom du navire mystérieux, ce
qui expliquait l'abandon du navire.
Croyant à une épidémie, l'officier demanda que celui-ci
soit simplement remorqué par la "Belle-Rose".
