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page est consa-.... Nico, le websmaster.N
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Depuis
l'arrestation de Nicolas de Coursic, Louba ne cessait de
rôder autour de la Tour. La nouvelle de l'arrestation du jeune offi-cier
avait fait le tour de la cité. Le Libournais ne pouvait croire que
l'homme qui lui avait épargné sa vie était un assassin.
Et il cherchait le moyen de s'acquitter de sa dette.
Pour ne pas éveiller l'attention des sentinelles, il fit semblant de
s'intéresser au travail des pêcheurs qui étaient occupés
à haler un immense filet, rassemblant les flotteurs de verres qui le
soutenaient dans l'eau. Cette manœuvre lui inspira de suite une idée
qu'il ne pourrait mener à terme qu'avec beaucoup de chance.
Il avisa une barque de pêcheur qui contenait un filet équipé
de ses boules de verre. Il retira l'amarre et fit glisser l'embarcation sur
l'eau.
Dans
sa cellule, Nicolas s'était résigné à subir son
châtiment. Personne ne pourrait dorénavant le tirer d'affaire
car il avait été accusé par un mourrant. Et dans quelques
jours, il serait pendu.
Quel déshonneur pour le nom de ses ancêtres.
Il se haussa jusqu'à sa fenêtre pour contempler la mer à
travers les barreaux. Par dérision du sort, jamais il n'aurait l'occasion
de naviguer à bord d'un vaisseau. Lorsque soudain, son attention fut
attirée par une barque dans laquelle se trouvait un homme dont la silhouette
qui lui était familière ; Louba !
L'embarcation se rapprochait lentement de la Tour.
A cet instant, une sentinelle fit son apparition et ordonna à Louba
de s'éloigner tout en le pointant du canon de son fusil.
Le faux pêcheur tenta de dialoguer avec le soldat. Parlant assez fort
pour attirer l'attention de Nicolas, il brandissait au dessus de sa tête
plusieurs boules de verre.
Le pauvre diable se donnait tant de mal pour lui passer un message. Il esquissa
un large sourire lorsqu'il aperçut le bras du condamné le saluer
amicalement à travers les barreaux.
Visiblement Nicolas avait compris.
n n n
Sur le coup
de minuit, le Libournais se trouvait sur la plage,
son torse nu recouvert d'une épaisse graisse noir afin de passer inaperçu
dans l'obscurité. A ses pieds un panier d'osier recouvert d'une bâche.
Saisissant la courroie fixée au panier, il pénétra dans
l'eau et s'employa à défaire la bâche qui recouvrait le
panier ; un filet
muni de grosses boules de verre s'y trouvait. Espérant que Nicolas
se trouvait aux aguets, il mit le filet à la mer tout en espérant
que le courant le porterait jusqu'au pied même de la sinistre Tour.

Depuis la tombée
de la nuit, Nicolas scrutait l'obscurité dans l'at-tente d'un signe
providentiel qui lui permettrait de recouvrir la liberté.
Il savait que son salut dépendait de la réussite de l'audacieuse
mise en scène imaginée par Louba. En cas d'échec, il
préférait ne pas y penser.
Tout à coup, avec une émotion intense, il aperçut sur
l'eau quelque chose de brillant qui dansait sur les vagues; des boules de
verre.
Porté par le flot de la marée, le filet se rapprochait lentement.
Nicolas comprit que le Libournais lui envoyait ainsi un moyen d'évasion.
Il retira son ceinturon et brisa l'ardillon de la boucle qui lui servirait
d'hameçon. Il déchira son drap en lanières étroites
afin de se confectionner une corde de fortune improvisée.
La suite n'était plus qu'un jeu d'adresse. Il fit glisser sa"ligne"
le long de la muraille. Maintes fois il tenta d'accrocher le filet mais,
à chaque fois, cela se soldait par un échec.
La manœuvre lui paraissait interminable. Mais finalement sa per-sévérance
fut enfin récompensée.
Le crochet venait de s'aggriper au filet et le ramenait vers la berge. Il
le remonta le plus rapidemment possible jusqu' à la fenêtre de
sa cellule. Il constata ensuite que que l'une des boules était creuse
et contenait des outils rudimentaires susceptibles de lui permettre de desceller
plusieurs barreaux afin qu'il puisse passer son corps.
Nicolas s'acharna trois nuits afin de pouvoir desceller les barreaux qui lui
permettraient de s'évader.
Le grand soir venu, notre héros se tenait debout sur le rebord exté-rieur
de la fenêtre de sa cellule. Il se jeta ensuite dans le vide, effec-tuant
un plongeon de plus de soixante pieds. En quelques brasses, le fugitif rejoignit
Louba qui l'attendait sur la terre ferme.
Nicolas
n'oublia pas de remercier son nouvel ami pour l'aide et les risques encourrus
pour la réalisation de son évasion.
Puis tous deux se rendirent chez Antoine, l'un des meilleur ami
de Nicolas, qui n'avait jamais douté de son innocense.
Accusé de meurtre, gentilhomme sans situation ni honneur, Nicolas de
Coursic ne désirait plus rester en France.
Et afin de fuir la justice, il décida de se rendre dans les Amériques
et d'y mener une nouvelle vie.
Son
compagnon Antoine lui procura de l'argent et un faux passeport ; dorénavant
sa nouvelle identité serait Joël floquet.
Et il n'eut aucun mal à convaincre Louba de le suivre..
